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Histoire du Québec et du Canada

De 1980 à nos jours : Les choix de société dans le Québec contemporain H04.08

maPerspective.ca
Montréal
20 avril 2019
SOURCE : L’essentiel du contenu des quatre premiers points de cette page est issu du Programme de formation de l’école québécoise1. Certaines corrections ont été apportées.

Table des matières

Concepts
Mise en contexte
Précision des connaissances historiques
Repères
Ressources à accès restreint
Ressources à accès libre
NOTE : Les concepts prescrits ne sont ni exhaustifs, ni exclusifs.

NOTE : Cette mise en contexte a été écrite par le ministère et s’adresse à des professionnels de l’enseignement. Puisqu’il serait difficile de résumé plus succinctement cette réalité sociale, nous rendons ce texte disponible pour vous. Cependant, veuillez noter que la syntaxe puisse être difficile.

Introduction

Après son élection, en 1976, le Parti québécois intensifie, à la suite des gouvernements unionistes et libéraux, les mesures visant à permettre l’affirmation des particularités du Québec, dont la langue française. L’adoption du projet de loi no 101 met en lumière les enjeux culturels et linguistiques qui mobilisent les Québécois avant le référendum de 1980. Les décennies suivantes exposent les Québécois à d’autres enjeux complexes, de nature et d’ampleur variées. L’étude des conjonctures culturelle, économique, politique, sociale et territoriale révèle les circonstances dans lesquelles ont été, sont et seront faits les choix de société dans le Québec contemporain.

La souveraineté-association et le rapatriement de la constitution

Le 20 mai 1980, près de 60 % des Québécois ayant voté rejettent la demande du gouvernement de lui octroyer le mandat de négocier la souveraineté-association. Selon un engagement pris pendant la campagne référendaire, le premier ministre Trudeau propose une réforme constitutionnelle aux gouvernements provinciaux. Au bout de plusieurs mois de négociation, alors que plane la possibilité d’un rapatriement unilatéral, le gouvernement fédéral rallie neuf des dix provinces, les demandes du Québec n’étant pas satisfaites. La Loi constitutionnelle de 1982, qui inclut la Charte canadienne des droits et libertés, est ratifiée en présence de la reine Élisabeth II mais sans représentant du Gouvernement du Québec, absent lors de la finalisation de l’entente.

Les négociations constitutionnelles : Meech et Charlottetown

L’élection des conservateurs de Brian Mulroney à Ottawa est le présage d’une possible réconciliation. Les libéraux, reportés au pouvoir au Québec en 1985, retiennent cinq conditions pour l’adhésion du Québec à la Constitution, dont la reconnaissance du caractère distinct de la société québécoise. Celles-ci sont largement discutées lors de la conférence du lac Meech, qui mène à un accord que ne ratifie pas l’ensemble des provinces, Terre-Neuve et le Manitoba n’ayant pas respecté le délai. Un ultime effort, par des référendums populaires cette fois, est également vain à la suite de l’accord de Charlottetown, en 1992.

Le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec

L’échec de Meech relance la ferveur nationaliste. La commission Bélanger-Campeau et le rapport Allaire reconnaissent une légitimité à la cause souverainiste. Pendant la campagne référendaire de 1995, le Bloc québécois puis l’Action démocratique du Québec s’allient au Parti québécois dans la promotion du Oui. Le Parti libéral du Québec, le Parti libéral du Canada et le Parti progressiste-conservateur, mobilisés dans le camp du Non, se portent à la défense de l’unité canadienne. Les questions économiques et territoriales ainsi que l’évocation d’un refus de négocier par le gouvernement fédéral en cas de défaite nourrissent les débats. Les Québécois sont déchirés. Le 30 octobre 1995, l’option du Oui récolte 49,42 % des votes et celle du Non, 50,58 %. Le renversement des rapports de force et d’autres enjeux écartent l’essentiel de la question constitutionnelle dans les décennies suivantes, que marquent néanmoins des débats sur les compétences provinciales et les transferts fédéraux.

Le néolibéralisme et les difficultés économiques

Dans les années 1980 et les suivantes, les périodes de croissance alternent avec les périodes de récession. La crise du début des années 1980 force la fermeture de mines et d’industries, entrainant du même souffle la dévitalisation de plusieurs localités. L’heure est aux économies d’échelle. Le secteur tertiaire gagne encore du terrain pendant que se développe l’économie du savoir. Les emplois précaires et à temps partiel se multiplient. Ils sont notamment occupés par des jeunes et souvent par des femmes, dont le rattrapage salarial et juridique n’est pas encore assuré malgré l’adoption de projets de loi et l’action des syndicats en ce sens. Alors qu’un courant néolibéral engendrant une redéfinition du rôle des États traverse l’Occident, les gouvernements québécois successifs interviennent dans certaines sphères pour le maintien des conditions socioéconomiques des Québécois, notamment en instituant le réseau des centres de la petite enfance et l’assurance parentale, soutenant ainsi l’accès des femmes au marché de l’emploi. Les déficits répétés conduisent néanmoins les gouvernements fédéral et provincial à une certaine forme de désengagement que la crise économique mondiale qui a commencé en 2008 contribue toutefois à freiner momentanément.

La mondialisation, internet et l’environnement

Le mouvement d’intégration dans lequel le monde est lancé se poursuit. Les échanges se mondialisent. Le Québec, dont l’économie profite de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), n’échappe pas à la tendance. L’effacement des frontières est aussi propice à la diffusion des cultures et à celle des idées qu’accélèrent la démocratisation d’Internet, l’information continue et l’éclosion des réseaux sociaux. Les appartenances nationales sont davantage exposées; les relations internationales se complexifient. Les consciences s’ouvrent par ailleurs sur des enjeux jusqu’alors inconsidérés par les États. Les pluies acides et les changements climatiques préoccupent les autorités, qui doivent plus que jamais composer avec des impératifs de développement économique et la nécessité de limiter les effets de l’activité humaine sur les écosystèmes. Des évènements singuliers tels que les inondations dans les régions du Saguenay–Lac Saint-Jean et de la Montérégie ainsi que la crise du verglas en rappellent aux Québécois la fragilité.

La population et les autochtones

À la suite de la conclusion de l’Accord Canada-Québec, inspiré de l’entente Couture-Cullen de 1978, la population québécoise augmente essentiellement grâce à l’immigration, qui se fait souvent à la faveur d’immigrants francophones ou de langues latines. De nouveaux enjeux démographiques et générationnels se dessinent. Les femmes ont moins d’enfants et les ont plus tard. L’espérance de vie augmente; le vieillissement de la population exerce, entre autres, une pression supplémentaire sur le système de santé. Pour plusieurs populations autochtones, les conditions de vie dans les communautés, les villages inuits et les villes sont peu favorables : la population s’accroit, mais elle est en proie à d’importants problèmes sociaux; et les taux de scolarité et d’emploi sont peu élevés. Les mouvements d’affirmation et de revendication s’accentuent, notamment après 1990, année au cours de laquelle une dispute territoriale est à l’origine d’un conflit à Oka entre les Mohawks et les autorités fédérales et provinciales. Si la discrimination et les réticences à l’égard des Autochtones sont souvent vives, certaines initiatives, telles que la mise sur pied de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, permettent une meilleure compréhension du parcours des peuples autochtones.

Le 21e siècle

Les attentats du 11 septembre 2001 ébranlent la conscience des Nord-Américains. Le début du 21e siècle est le présage d’une montée de l’individualisme et du pragmatisme politique et économique auxquels des mouvements citoyens font contrepoids, le développement économique du Québec, notamment, étant le prétexte d’actions militantes d’ampleur variées qui mobilisent diverses franges de la société civile. Au travers des questions de sécurité, de neutralité religieuse, d’éthique et de transparence qui se posent, le Québec des années 2000 est effervescent sur le plan culturel et technologique, où il se démarque à l’échelle internationale. Œuvrant pour la sauvegarde de son autonomie au sein du régime fédéral canadien, il tente la difficile conciliation des contraintes économiques et des attentes sociales.


NOTE : La précision des connaissances historiques ne spécifie pas la teneur de ces connaissances. Considérez-les comme des thématiques.


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1 Ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur, Programme de formation de l’école québécoise, enseignement secondaire. Histoire du Québec et du Canada, troisième et quatrième secondaire, Gouvernement du Québec, 2017, p.60-65.