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Histoire du Québec et du Canada

1896-1945 : Les nationalismes et l’autonomie du Canada H04.06

maPerspective.ca
Montréal
20 avril 2019
SOURCE : L’essentiel du contenu des quatre premiers points de cette page est issu du Programme de formation de l’école québécoise1. Certaines corrections ont été apportées.

Table des matières

Concepts
Mise en contexte
Précision des connaissances historiques
Repères
Ressources à accès restreint
Ressources à accès libre
NOTE : Les concepts prescrits ne sont ni exhaustifs, ni exclusifs.

NOTE : Cette mise en contexte a été écrite par le ministère et s’adresse à des professionnels de l’enseignement. Puisqu’il serait difficile de résumé plus succinctement cette réalité sociale, nous rendons ce texte disponible pour vous. Cependant, veuillez noter que la syntaxe puisse être difficile.

Introduction : vers le libéralisme

La première phase d’industrialisation se déroule dans la seconde moitié du 19e siècle, alors que le Canada intègre progressivement l’économie capitaliste. Le développement de la fédération et la Politique nationale stimulent la production industrielle et favorisent l’expansion territoriale. L’année 1896 constitue un tournant dans le développement social, économique et politique du dominion britannique. L’élection de Laurier, premier Canadien français à occuper le poste de premier ministre du Canada, puis celle d’un gouvernement libéral à Québec un an plus tard augurent la montée en force du libéralisme. Les politiques engagées par les gouvernements comme l’action des mouvements d’affirmation contribuent alors à redéfinir l’autonomie du Canada sur le plan politique, économique et socioculturel.

Immigration, féminisme et autochtones

Le contexte sociopolitique canadien évolue. De nouvelles provinces font leur entrée dans la fédération. Un nombre croissant d’immigrants, dont plusieurs sont originaires des pays de l’est et du sud de l’Europe, peuplent l’Ouest et les villes du centre. Bien qu’un ensemble de droits soient toujours refusés aux femmes, leur place évolue graduellement. Elles sont nombreuses à s’unir dans des organisations féministes anglophones laïques, dont la Montreal Suffrage Association, présidée par Carrie Derick, ou franco-catholiques, telles que la Fédération nationale Saint- Jean-Baptiste, fondée par Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Caroline Béïque. Dans l’ensemble formé par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, les Premières Nations, toujours soumises à une politique d’assimilation qui s’étend graduellement à la nation inuite, peinent à maintenir leurs modes de vie traditionnels; la proportion du Québec dans la population canadienne est en recul; en 1911, 22 % des Canadiens sont nés à l’étranger.

Tensions ethnolinguistiques et autonomie canadienne

L’opposition marquée de nombreux Canadiens français à la participation du Canada à la guerre des Boers, à l’imposition de la conscription lors de la Première Guerre mondiale, plus largement à l’impérialisme, ainsi qu’à l’application du règlement 17 en Ontario témoigne de la teneur et de l’évolution des débats entre les nationalismes qui cohabitent au Canada. Dans la foulée, l’autonomie politique du Canada à l’égard de la Grande-Bretagne s’accroit. Elle culmine légalement avec l’obtention du statut de Westminster en 1931. Sur le plan diplomatique, le pays peut désormais entretenir des relations égalitaires avec le reste du monde. Huit ans plus tard, c’est le Canada lui-même qui déclare la guerre à l’Allemagne et c’est à son gouvernement seul d’organiser l’effort de guerre et la mobilisation de la population, conscrite ou non.

La deuxième phase d'industrialisation et la grande dépression

Le degré d’autonomie du Canada est aussi tributaire d’impératifs économiques. Au tournant du siècle, les politiques libérales laissent l’initiative du développement économique aux entreprises privées, ce qui donne le ton à la nouvelle phase d’industrialisation qui s’amorce. Au Québec, celle-ci est marquée par l’exploitation des ressources naturelles, favorable au développement des régions où les minières et les papetières profitent d’une demande accrue, et de l’arrivée massive de capitaux américains. La deuxième phase est aussi celle de la concentration des entreprises et du développement de l’industrie militaire, financée par les impôts et la vente d’obligations de la Victoire. La prospérité d’avant-guerre et celle, plus momentanée, de l’économie de guerre et des « années folles » contrastent avec la misère vécue pendant la crise économique qui a suivi l’effondrement de la bourse new-yorkaise en 1929. En période de croissance, les usines tournent à plein régime et les échanges économiques sont soutenus. Le marché de l’emploi est stable; les organisations syndicales se développent. En période de crise, le chômage augmente et la mobilisation des travailleurs est ardue. Les femmes contribuent davantage à l’industrie, pour laquelle elles constituent une main-d’œuvre bon marché, souvent temporaire, et accèdent aux emplois de services, qui se multiplient. La société industrielle accentue les clivages sociaux, l’effort ultime de restriction revenant systématiquement aux populations les moins nanties.

Urbanisation et transformation du monde rural

L’urbanisation du Québec se poursuit. Le recensement de 1921 confirme que la population devient majoritairement urbaine dans les années 1910. Montréal accueille la majorité des nouveaux venus, dont la sélection est étroitement contrôlée. Québec, Hull et Sherbrooke, entre autres, attirent aussi de nouveaux résidents. La ville offre de nombreux services à ses habitants, qui consomment des biens et des loisirs plus accessibles. Son territoire s’étend, parfois sur des terres destinées à l’agriculture, un secteur en pleine transformation. Moins nombreuses, les fermes sont exploitées par des agriculteurs de mieux en mieux formés et outillés. Le développement des moyens de communication et des transports facilite les échanges entre la ville et la campagne, qui demeurent néanmoins profondément contrastées.

L'Église, les débuts de l'État-providence et un apperçu du duplessisme

Dans les années 1920, alors que la doctrine du catholicisme social diffusée en Occident conduit notamment, au Québec, à la création de syndicats catholiques, se développe un nouveau courant nationaliste canadien-français, le clérico-nationalisme, qui trouve en l’abbé Lionel Groulx un ardent artisan. Œuvrant, entre autres, au développement du mouvement coopératif en réponse aux inégalités socioéconomiques, l’Église est omniprésente dans les affaires économiques et sociales. L’ampleur de la crise des années 1930, qui entraine une remise en question du capitalisme, contraint toutefois l’État à intervenir davantage. Les assemblées législatives votent des lois, mettent sur pied des programmes sociaux, créent des chantiers de travaux publics et encouragent la colonisation pour porter secours aux chômeurs. Les pressants besoins de réformes économiques, politiques et sociales qui naissent de la Grande dépression favorisent la prise du pouvoir par l’Union nationale. Le premier mandat de Maurice Duplessis, marqué par les lois antisyndicales et les politiques agricoles, conforte toutefois, par la faiblesse des interventions en matière d’assistance sociale, l’aile conservatrice du parti ainsi que les autorités cléricales.

Le gouvernement Godbout

La crainte d’une seconde conscription, notamment, permet aux idées progressistes du gouvernement d’Adélard Godbout de s’imposer le temps d’un mandat, secouant au passage le joug du clergé catholique. Ayant obtenu le droit de vote au fédéral en 1918, sous l’effet des revendications d’activistes de plusieurs provinces canadiennes, les femmes ont gain de cause au Québec en 1940. Plusieurs décennies de militantisme féminin ont permis l’obtention de certains droits politiques, juridiques et sociaux pour la majorité des Québécoises. Le gouvernement libéral légifère par ailleurs dans le domaine de l’éducation, notamment en rendant la fréquentation de l’école obligatoire, crée de nouveaux ministères et fonde la Commission hydroélectrique de Québec, Hydro-Québec. La fin de la Seconde Guerre mondiale, la plus longue et la plus meurtrière du 20e siècle, ouvre plus que jamais la porte à une nouvelle phase de modernisation dont la Révolution tranquille constitue la principale manifestation.


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1 Ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur, Programme de formation de l’école québécoise, enseignement secondaire. Histoire du Québec et du Canada, troisième et quatrième secondaire, Gouvernement du Québec, 2017, p.48-53.