Pour mieux comprendre ma société
Sceau hébergement écoresponsable

Histoire du Québec et du Canada

1840-1896 : La formation du régime fédéral canadien H04.05

maPerspective.ca
Montréal
20 avril 2019
SOURCE : L’essentiel du contenu des quatre premiers points de cette page est issu du Programme de formation de l’école québécoise1. Certaines corrections ont été apportées.

Table des matières

Concepts
Mise en contexte
Précision des connaissances historiques
Repères
Ressources à accès restreint
Ressources à accès libre
NOTE : Les concepts prescrits ne sont ni exhaustifs, ni exclusifs.

NOTE : Cette mise en contexte a été écrite par le ministère et s’adresse à des professionnels de l’enseignement. Puisqu’il serait difficile de résumé plus succinctement cette réalité sociale, nous rendons ce texte disponible pour vous. Cependant, veuillez noter que la syntaxe puisse être difficile.

Le rapport du Durham

La coexistence de deux nations au Bas-Canada et la privation d’un gouvernement responsable dans les deux colonies formées sous l’Acte constitutionnel sont, selon Lord Durham, à l’origine de tensions ethnolinguistiques et politiques. Londres réagit promptement à la publication du Rapport sur les affaires de l’Amérique septentrionale britannique. En 1840, l’union des colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada est réalisée.

L'Acte d'Union

Le sentiment d’appartenance à la nation canadienne, développé au début du 19e siècle, est éprouvé par l’Acte d’Union, qui vise l’assimilation du Canada français, dont le poids politique décroit. Dans la nouvelle assemblée législative, le Bas-Canada est représenté par 42 députés, autant que le Haut-Canada, moins populeux. L’anglais est la langue officielle au parlement et la dette élevée du Haut-Canada est reportée dans le budget de la Province du Canada. L’échec des rébellions, le renouvèlement de la classe politique et l’influence accrue de l’Église catholique, notamment, tempèrent l’exacerbation des Canadiens français.

La première phase d'industrialisation

Les relations économiques entre la métropole et la colonie sont en mutation. Progressivement, Londres abandonne ses tarifs préférentiels au profit du libre-échange et laisse à la colonie l’initiative de son développement économique. Des liens commerciaux plus étroits se tissent avec les États-Unis. L’accumulation de capitaux, par des marchands de Montréal et de Québec, essentiellement d’origine britannique, le développement des réseaux de transport ferroviaire et fluvial ainsi que les progrès techniques favorisent, entre autres, une première phase d’industrialisation dans la vallée du Saint-Laurent. Des manufactures s’établissent et la production se mécanise.

Les conditions difficiles pendant l'urbanisation

Des villes croissent, d’autres naissent. L’urbanisation s’accélère, tandis que le développement des services publics et d’hygiène peine pour suivre le pas. Un irrémédiable processus de prolétarisation est amorcé. Les citadins, dont de nouveaux venus issus de milieux ruraux ou de l’immigration européenne, toujours en hausse, grossissent les rangs des travailleurs peu qualifiés exécutant des tâches de plus en plus répétitives. L’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché, dont font les frais, entre autres, femmes et enfants, maximise les profits de la bourgeoisie d’affaires. Les difficiles conditions de travail des classes populaires conduisent à des grèves qu’encouragent des syndicats qui comptent un nombre croissant de membres.

L'émigration canadienne française et la colonisation de nouvelles régions

La situation socioéconomique d’un grand nombre de familles est précaire. La recherche d’emploi conduit à une émigration sans précédent de Canadiens français vers les États-Unis, mouvement que les autorités religieuses et civiles tentent d’endiguer, notamment en ouvrant de nouvelles régions de colonisation, et ce, souvent en empiétant sur des territoires occupés par des Autochtones. Les familles qui s’y installent s’adonnent, là comme ailleurs en région, à une agriculture de subsistance et à un travail pour une industrie forestière en croissance, pendant qu’à proximité des villes et des villages une agriculture de marché se développe.

L'Église au cœur de population canadienne française

L’Église catholique s’impose désormais comme principal acteur dans la préservation des droits et de l’identité de la population canadienne française, dont certaines manifestations socioculturelles sont par ailleurs le reflet. Les effectifs religieux sont gonflés par une ferveur nouvelle et l’arrivée d’un grand nombre de communautés en provenance de France. Déjà responsables des hôpitaux et des écoles, prêtres, sœurs et frères animent et soutiennent la majorité des institutions sociales auxquelles contribuent aussi les femmes de la bourgeoisie. Les élites religieuses catholiques s’appuient sur un nationalisme de survivance et profitent du mouvement ultramontain pour faire la promotion d’une Église influente dont les valeurs conservatrices se trouvent en opposition avec les valeurs libérales, notamment défendues par l’Institut canadien. À travers ces clivages idéologiques, la place des femmes, exclues de la sphère politique dans la seconde moitié du 19e siècle, est de plus en plus sujette à des remises en question.

L'alliance de réformistes, l'instabilité ministérielle et la Grande Coalition

L’approche des successeurs de Papineau repose sur la participation active du Bas-Canada aux affaires de la colonie. L’alliance réformiste de Louis-Hippolyte La Fontaine et de Robert Baldwin conduit ultimement à l’application, en 1848, de la responsabilité ministérielle. Le bill des indemnités, adopté sous l’égide de ce principe démocratique, amplifie la grogne entre les tories et les réformistes. Les troubles de 1849 sont suivis d’une ère d’instabilité politique dans la décennie 1850. Celle-ci n’est calmée qu’en 1867, année charnière de l’histoire du Québec et du Canada, une fois l’Acte de l’Amérique du Nord britannique sanctionné. Les Canadiens d’origine britannique, majoritaires dans la nouvelle entité territoriale, les Canadiens français, essentiellement concentrés au Québec, et les peuples autochtones des anciennes colonies sont réunis dans un système fédéral avec, à sa tête, le conservateur John A. Macdonald, le premier à occuper le poste de premier ministre du Canada.

La fédération canadienne

Le régime fédéral canadien orchestre le partage des pouvoirs entre Londres, Ottawa et les provinces, notamment dans les affaires sociales et juridiques, telles que l’éducation, les langues et les lois civiles, et en ce qui a trait aux populations autochtones pour la plupart désormais soumises à la Loi sur les Indiens de 1876. Le Dominion du Canada nait toutefois de la conciliation d’un certain nombre d’autres intérêts, notamment économiques. La fédération contribue au développement d’un marché intérieur que stimulera tant bien que mal, en réponse aux contrecoups de l’économie mondiale, la Politique nationale.

Expansion territoriale, tensions ethnolinguistiques et rébellions métisses

Limité au centre et à l’est d’abord, le territoire canadien prend de l’expansion vers l’ouest. La réunion des vastes étendues territoriales au nord du 49e parallèle sous une même entité politique ne se fait toutefois pas sans heurts. L’opposition des Métis à l’annexion de leurs territoires et des débats sur les droits scolaires des catholiques génèrent des tensions entre les communautés franco-catholiques et anglo-protestantes. Ces tensions s’ajoutent à des différends entre les provinces et l’État fédéral, de l’ampleur desquels témoigne la première conférence interprovinciale instituée par Honoré Mercier, où les premiers ministres promeuvent l’autonomie provinciale. Le sentiment nationaliste des Canadiens français est relancé. L’élection du gouvernement de Wilfrid Laurier, qui coïncide avec le début d’une deuxième phase d’industrialisation au Canada, annonce la remise en question des politiques conservatrices et le début d’un cycle d’affirmation nationale, à l’échelle canadienne cette fois.


NOTE : La précision des connaissances historiques ne spécifie pas la teneur de ces connaissances. Considérez-les comme des thématiques.


NOTE : Auparavant, vous devez vous être inscrit ou vous être connecté avant d’avoir accès à ces ressources-ci. Consultez la page sur les ressources pour connaitre les instructions.

haut | bas

1 Ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur, Programme de formation de l’école québécoise, enseignement secondaire. Histoire du Québec et du Canada, troisième et quatrième secondaire, Gouvernement du Québec, 2017, p.42-47.