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Histoire du Québec et du Canada

1791-1840 : Les revendications et les luttes nationales H03.04

maPerspective.ca
Montréal
20 avril 2019
SOURCE : L’essentiel du contenu des quatre premiers points de cette page est issu du Programme de formation de l’école québécoise1. Certaines corrections ont été apportées.

Table des matières

Concepts
Mise en contexte
Précision des connaissances historiques
Repères
Ressources générales pour cette période
NOTE : Les concepts prescrits ne sont ni exhaustifs, ni exclusifs.
NOTE : Cette mise en contexte a été écrite par le ministère et s’adresse à des professionnels de l’enseignement. Puisqu’il serait difficile de résumé plus succinctement cette réalité sociale, nous rendons ce texte disponible pour vous. Cependant, veuillez noter que la syntaxe puisse être difficile.

Les appels répétés à la métropole provenant de la Province de Québec quant à sa situation sociopolitique s’intensifient dans les années 1780, entre autres avec l’arrivée des Loyalistes. Parmi les demandes, parfois contradictoires, qui sont formulées, l’octroi d’une chambre d’assemblée rallie de plus en plus d’adeptes chez les francophones et les anglophones. Londres modifie la constitution de la colonie en 1791 en adoptant l’Acte constitutionnel, qui institue le parlementarisme représentatif, le droit de vote étant accordé aux hommes et aux femmes selon certaines conditions. Le Bas-Canada et le Haut-Canada sont formés, une assemblée législative s’ajoute pour chacune des deux colonies à la structure politique existante et les principaux acquis de l’Acte de Québec sont préservés.

L’Acte constitutionnel conduit à une division territoriale, juridique, ethnique et linguistique de la colonie. Largement majoritaires à l’ouest de la rivière des Outaouais, les anglophones sont minoritaires au Bas-Canada, essentiellement concentrés dans les villes de Montréal, de William-Henry (Sorel) et de Québec. Au 19 e siècle, la dualité linguistique s’accentue. Les idées souvent opposées de la bourgeoisie professionnelle canadienne et de la bourgeoisie marchande anglophone sont diffusées par la presse. Les dissensions politiques nourrissent le nationalisme canadien qu’amplifient les conditions socioéconomiques qui ont cours.

La population du Bas-Canada croît au rythme des nombreuses naissances chez les Canadiens et de l’immigration. La majorité des nouveaux arrivants proviennent des îles britanniques, souvent d’Irlande, et leur immigration se déroule généralement dans des conditions difficiles. Plusieurs s’installent en ville, convoitant les emplois non spécialisés de l’industrie naissante que stimule la disponibilité de capitaux. L’économie locale, à laquelle concourent majoritairement les francophones, est essentiellement agricole. De nouvelles terres, dont le septième est réservé à l’Église anglicane, sont concédées selon le système des cantons, désormais privilégié. La demande de la Grande-Bretagne pour le blé canadien est de plus en plus importante. Au tournant du siècle, la production est en hausse. Jusqu’à la crise des années 1830, malgré les disparités, les conditions de vie des agriculteurs s’améliorent. Durant la saison morte et au-delà de celle-ci, alors que les femmes organisent la vie de famille et s’occupent de la ferme, les hommes sont de plus en plus nombreux à travailler au profit du commerce du bois. Dans le contexte du blocus continental de Napoléon, le développement de ce commerce accentue l’intégration graduelle de l’économie coloniale à l’économie britannique. Avec la morue, la fourrure constitue encore un des principaux produits échangés. Son commerce décline toutefois graduellement, tout comme la participation des Autochtones aux activités économiques.

La première campagne électorale du Bas-Canada s’amorce au printemps 1792. La Chambre d’assemblée est le théâtre des premiers débats entre les députés dont les intérêts convergent vers le Parti canadien, qui est majoritaire, et les députés liés à la classe marchande britannique. Outre les questions linguistiques et économiques, les faibles pouvoirs de la Chambre et l’efficience de l’exercice démocratique accentuent les tensions, exacerbées sous l’administration du gouverneur James Craig. Le gouverneur dispose alors d’une vaste autorité et les conseils sont non élus. La Chambre réclame le contrôle des actions du gouvernement colonial.

Inspirés par les mouvements nationaux et libéraux qui ont cours en Europe et le mouvement de décolonisation en Amérique latine, la majorité parlementaire accentue la pression sur la métropole. En 1826, le Parti canadien, dirigé par Louis-Joseph Papineau, devient le Parti patriote. Il profite, tout en y contribuant, de la montée du nationalisme canadien. À la suite de la présentation des résolutions Russell, que Londres offre en réponse aux 92 résolutions adoptées par les députés du Bas-Canada, des assemblées populaires sont tenues. Des appels à la mobilisation sont lancés et des boycottages sont organisés. Le discours des élites religieuses catholiques, qui comme au cours de la guerre anglo-américaine se rangent derrière les autorités britanniques, contraste avec la volonté des patriotes et celle de certains curés de paroisses. Des affrontements entre organisations paramilitaires ont lieu à Montréal. Des mandats d’arrêt sont lancés et les chefs patriotes sont arrêtés ou choisissent de s’exiler alors qu’éclate la révolte armée. La victoire des patriotes à Saint-Denis ne laisse pas augurer la suite des choses, les défaites s’accumulant tant au Bas-Canada qu’au Haut-Canada. Les rébellions de 1837 et de 1838 sont matées, des centaines d’individus sont appréhendés, certains sont condamnés à l’exil et d’autres sont exécutés.

Lord Durham est envoyé par Londres pour enquêter. Il prend la mesure des effets qu’ont engendrés le refus d’accorder la responsabilité ministérielle à la Chambre d’assemblée et la concentration des pouvoirs entre les mains de la « clique du Château » ou du Family Compact. De plus, il constate la « crise raciale » qui divise la colonie du Bas-Canada. L’union des deux Canada, avec comme objectif l’assimilation des Canadiens, est recommandée.

NOTE : La précision des connaissances historiques ne spécifie pas la teneur de ces connaissances. Considérez-les comme des thématiques.
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1 Ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur, Programme de formation de l’école québécoise, enseignement secondaire. Histoire du Québec et du Canada, troisième et quatrième secondaire, Gouvernement du Québec, 2017, p.35-40.